Contexte géopolitique : une intervention militaire attendue
Dans un contexte porteur pour les actions depuis fin 2025, l’intervention militaire en Iran des Etats-Unis et d’Israël a provoqué depuis le 2 mars 2026 une correction du marché obligataire et des principaux indices boursiers. Le marché s’inquiète de la nature de la riposte iranienne qui vise désormais une douzaine de pays du Moyen-Orient provoquant une brusque remontée des cours du pétrole et du gaz. Les craintes se focalisent donc sur la remontée de l’inflation qui pourraient s’ensuivre et peser sur la capacité des banques centrales à baisser leurs taux d’intérêt. Ce qui importe le plus pour l’économie mondiale, pour les entreprises et, in fine, pour les actifs à risque comme les actions ou les émissions de dette privée, c’est l’ampleur et la durée des hostilités. Il reste que l’intensité énergétique dans le monde a considérablement diminué et que l’impact du pétrole sur l’économie mondiale n’est pas le même que dans les années 70. Les États-Unis sont auto-suffisants en matière de pétrole et l’économie mondiale ressentirait surtout l’impact de prix plus élevés, probablement pas un manque physique de pétrole.
Environnement macro-économique global : pas de récession mondiale anticipée à ce stade.
Même si ce chiffre est susceptible d’être ajusté à la baisse en fonction de la durée des disruptions sur le marché de l’énergie, notre scénario central continue de privilégier une croissance mondiale autour de 3% en 2026, soutenue par les États‑Unis et les pays émergents, mais aussi par une reprise modérée en zone euro. En Europe, l’activité reste freinée par un coût énergétique élevé, un retard structurel en matière de productivité, d’innovations et de croissance vis-à-vis de ses concurrents mondiaux, un excès de réglementation et de complexité, des dépendances externes majeures (énergie, technologies clefs comme les semi-conducteurs)… mais le lancement de grands plans d’investissements (défense, infrastructures) devrait lui permettre d’acquérir une autonomie stratégique dont nous cherchons à profiter aux travers de nos investissements.
Les marchés d’actions ont vu leur volatilité remonter ainsi que les métaux précieux et les cryptomonnaies, notamment depuis le début février.
Les indices globaux affichent désormais une performance à peine positive en euros (inférieur à 2% en euros), pénalisés par la relative atonie du marché américain. Même si les marchés émergents – sur lesquels nous avons entre autres mis l’accent depuis la fin 2025 – affichent des progressions encourageantes proches de 7% en €, ces gains demeurent fragiles comme en témoignent les prises de bénéfices sur le marché coréen (en recul de 10% sur le début mars). Une évolution importante est à constater : la sous-performance désormais assez nette des valeurs de croissance au profit des univers « value » avec un gain de +4,4% en $ pour le MSCI World Value, contre un recul de -2,9% pour le MSCI World Growth. On a d’ailleurs vu des sanctions souvent assez sévères - en dépit de résultats peu affectés voire de bonne facture - pour certains pans de la cote, perçus comme potentielles victimes des développements autour de l’IA : c’est le cas du secteur des services informatique et des logiciels, mais aussi des jeux, des media, ou encore des courtiers en ligne. Le secteur bancaire a par ailleurs été pénalisé récemment par la baisse des taux longs, qui réduit la pente de la courbe des taux.
Le marché obligataire a été porteur jusqu’à fin février, mais les taux longs souverains ont presque retrouvé leurs niveaux de début d’année
Dans un contexte de montée des craintes sur l’inflation et même si l’appétit est toujours marqué pour le crédit, les tensions pourraient perdurer au cours des prochaines semaines sur le marché obligataire. Alors que nous anticipions deux baisses de taux directeurs aux Etats-Unis et une stabilité du taux de dépôt de la BCE, ce scénario pourrait devoir évoluer.
Maintien de notre surpondération en actions à +7%, avec un accent sur les marchés européens et émergents, et une position obligataire neutre
Les actions avaient atteint des niveaux élevés avant le conflit. La correction est vue comme un à‑coup dans un marché toujours porteur et nous remarquons d’ailleurs que le fléchissement des indices reste modéré. Dans ce contexte, nous restons surpondérés sur les actions européennes et émergentes et légèrement sur les US, en restant confiants quant aux perspectives de croissance des bénéfices. Sur les marchés obligataires, nous maintenons une position neutre, considérant qu’ils ont perdu une partie de leur statut de « refuge ». Nous ciblons les maturités courtes à moyenne et restons dans l’attente d’une plus grande clarté sur l’orientation des politiques monétaires. Nous sommes toujours acheteurs de crédit corporate (émissions d’entreprises) ou d’émissions bancaires, de qualité « Investment Grade », mais essentiellement pour le portage car nous n’anticipons pas de baisse supplémentaire des primes de risque. |